On a beau dire, on a beau faire, on est obligé, hélas, de le redire encore une fois : les poches de résistance au changement sont toujours là, pleines de rancÅ“ur, de haine et d’esprit de vengeance. On pourrait croire que, parce qu’on parle de poches, on vise par là ceux qui se les remplissent d’argent sale, facile ou mal acquis. S’il n’y avait que ceux-là… Ceux-là d’ailleurs sont plutôt des « gentils ». Ils ne demandent rien sinon qu’on ne leur enlève rien. Qu’on leur laisse leur blé qu’ils cultivaient eux-mêmes ou avec lequel on les arrosait sans peur de les mouiller. Non, je parle des autres, , les « invisibles », ceux qu’on ne voit jamais parce qu’ils sont censés ne jamais arrêter de faire leur boulot si noble qui est de veiller sur nous, et si ingrat, qui est de nous surveiller. Je parle de ceux qui, rappelez-vous, dès qu’on voulait en parler, on devait d’abord regarder à droite et à gauche, en haut en bas, des fois qu’ils ne seraient pas en train de nous écouter. Oui, on avait peur d’eux et on avait raison. Ceux qui sont passés par là en gardent des souvenirs pas très gais. Comme vous pouvez le remarquer, je parle d’eux au passé car, pour moi comme certainement aussi pour vous, ils ne sont plus là. Et ceux qui sont toujours de ce monde, se taisent et se terrent pour en attendant qu’on les mette un jour sous terre et qu’on les oublie à jamais. Pourtant, parfois, on a l’impression qu’ils sont toujours là. Il faut dire que depuis quelque temps, ils sont devenus tellement discrets qu’on avait cru qu’ils étaient partis vivre sous d’autres cieux encore nuageux et qui auraient encore besoin d’eux et de leurs « services ». Et Dieu seul sait combien il y en a encore, et même pas très loin de chez nous (ça va sûrement plaisir à certains que j’écrive ça, n’est-ce-pas ?). Tout ça pour dire que, probablement comme vous, je pensais que tout ces gens-là, ces êtres d’une ère ancienne et révolue, n’existaient plus depuis bien longtemps du moins dans cette version hard et folklorique que je viens de vous servir. Entre nous, s’ils étaient encore là, je ne serais pas là aujourd’hui en train de radoter sur leur dos en toute impunité. Pourtant, disais-je, on a l’impression qu’ils sont en train sournoisement de revenir en force et de plus belle, même si l’expression n’est peut-être pas très appropriée. Tous les passionnés du changement oublient souvent que, comme disaient nos vieux marxistes, dans toute révolution (quel grand mot !), ll y a des phases de flux et de reflux. En termes plus terre à terre, il faut toujours s’attendre à ce que les anciens détenteurs de tous les pouvoirs et par conséquent, ceux qui possédaient d’immenses privilèges comme ceux de disposer des gens et parfois de leur vie comme bon leur semblait, ne vont pas, du jour au lendemain, les lâcher de gaieté de cÅ“ur. Alors, ils résistent. Ils vont tout faire pour nous retarder en tentant de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Comment ? Vous me demandez comment ? Vous ne voyez pas ce qui arrive ce derniers jours juste au moment où on commençait, enfin, à entrevoir de meilleurs jours ? Qui ? Qu’est-ce que j’en sais, moi ? Et bien malin celui qui pourrait prétendre savoir qui est qui ni, encore moins, qui commande qui ? En plus, eux, et je n’ai pas peur de leur dire, ils ne sont pas malins du tout. Ils choisissent vraiment mal le moment pour revenir. S’ils continuent comme ça, ils font tout nous gâcher. Excusez-moi, mais je viens de dire n’importe quoi. J’ai oublié que pour eux, le changement, les réformes, la démocratie, les droits de l’homme, les jeunes, tourner la page et tout ça, ils n’en ont rien à faire. Qu’on soit enfin bien vus et bien appréciés des pays étrangers, ceux-là même dont on a si besoin et qui, il n’y a pas si longtemps encore, nous mettaient dans le même sac que les bleds les plus pourris, ça , c’est vraiment le dernier de leur souci. Ce qui les intéresse, eux, c’est de rester éternellement en place, bien au chaud, faisant la pluie et le mauvais temps, et, comme au bon vieux temps, ceux qui ne sont pas contents, ils voudraient, s’ils le pouvaient encore, les « descendre se glacer » dans ces enfers d’un autre temps. Car, vraiment, aller jusqu’à empêcher une jeune fille, belle et rebelle, qui porte en elle la joie de vivre et le refus de suivre, l’empêcher de quitter le territoire pour aller rejoindre sa fac en lui subtilisant son passeport, il ne fallait surtout pas le faire mais, eux, ils l’ont fait ! Quels qu'ils soient, grands patrons, simples exécutants ou même, semble-t-il, de stupides "spontanés", C’est vraiment con, il n’y a pas d’autre mot. Mes chers amis, si vous croyez comme moi que ce pays que nous aimons tous, sauf certains, bien sûr, doit changer une fois pour toutes, montrons à tous ces gens-là qu’ils auront beau « résister », nous finirons par avoir le dernier mot : changement ! Alors, que ça gueule !