Wili wili Wikileaks !
Par ML, lundi 20 décembre 2010 à 21:26 :: Ana-Chronic :: #447 :: rss

Je suis sûr que vous ne l’attendiez plus celle-là . Vous vous êtes sûrement dit que je n’oserais jamais aborder ce sujet par crainte d’être éclaboussé moi aussi. Eh bien, vous vous êtes trompés. Je n’ai pas peur parce que, moi, contrairement à bien d’autres, pour ne pas dire tout le monde, je n’ai jamais eu d’amis américains. J’ai bien dit « amis », et pas « amies ». En effet, il y a longtemps, il y a près de 30 ans – donc, il y a prescription - j’ai eu une « girl friend », une Américaine bien sûr, de Boston pour tout vous dire, mais c’était une idylle assez courte, trois ou quatre mois, à tout casser. Comme vous le constatez, c’est si loin que je ne m’en souviens plus très bien. Alors, voyez-vous, il est fort possible que l’on me sorte toutes les notes de repas au restaurant que je lui ai offerts, les marques de parfums ou de briquets qu’elle m’a offerts, la photo de nous deux, sur une des plages du sud du Maroc, moi en short maillot, beau comme Al Pacino, et elle, en bikini, craquante comme Bo Derek, dont elle avait d’ailleurs la silhouette, mais pas la tête, le tee-shirt qu’elle m’avait ramené d’Ibiza, avec l’inscription : " I am the best", ce qui veut dire plus ou moins que son mec, c’est-à -dire, il n’y a pas mieux, ce qui, à mon à avis, n’était pas tout à fait faux. Maintenant, franchement, je préfère vous dire que je suis incapable de me souvenir, mises à part des banalités qu’on peut servir à une jeune fille fût-elle yankee, ce que j’ai bien pu lui raconter comme incongruités sur le Maroc de l’époque qui était, soit dit en passant, pas très racontable. En tout cas, vous en conviendrez avec moi, quoi que j’eusse pu dire, à ce moment-là , j’aurais eu mille fois raison de le dire. Et croyez-moi, à cette époque, j’étais mille fois plus bavard qu’aujourd’hui. Maintenant, ce qui est dit est dit, je l’assume, mais ils ne peuvent plus rien contre moi, puisque, comme vous le savez tous, on a pardonné à tout le monde, on a tourné la page et on a tout oublié, alors, franchement, pourquoi on ne le ferait pas aussi pour moi ? Je disais donc que je n’avais rien à craindre parce que, moi, les Américains, je les aime bien. Je parle, bien sûr, de ceux d’ici. Les autres, je dois dire que je ne les connais pas beaucoup, ou, plutôt, je ne les connais que trop bien, mais je ne vous en dirai pas plus. J’ai déjà assez d’ennuis comme ça. Quant à ceux d’ici, j’y reviens, je ne sais pas si, eux, me connaissent, mais si ce n’est pas le cas, qu’ils se rassurent, je n’en ferai pas grand cas.Tant pis s’ils ne font pas ce qu’ils font, paraît-il, pour un confrère et néanmoins ami, dont ils traduiraient, chaque jour, le billet, pour le faire lire à leur Big Boss. Quelle chance ! Mais, bon, moi je préfère, à la limite, qu'ils trouvent que tout ce je débite est trop léger pour être dangereux, que le contraire. Comme ça, au moins, je suis sûr qu’on ne retrouvera jamais mes confidences à l’un d’entre eux ou à l’une d’entre elles, à la Une de tous les journaux. Ah, qu’est-ce que ça fait du bien parfois de ne pas être connu ! Bon week-end, les curieux !
Message perso pour certains qui se reconnaîtront : à force de s’effacer pour ne pas se faire remarquer, on risque de ne plus exister.
( ce billet a été publié dans les Echos Quotidien du vendredi 17 décembre)



Commentaires
1. Le lundi 20 décembre 2010 à 22:30, par qaddour
2. Le mardi 21 décembre 2010 à 10:52, par 9am9om
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