Cette une info qui ressemble plus à une mauvaise blague qu’à un fait divers. Jugez-en vous même : Un jeune élève de la région de Marrakech, et plus exactement dans le patelin paumé d’Ait Ourir (en plus, ça rime avec rire), vient d’être arrêté, poursuivi et condamné à un et demi de taule. Son crime, son délit, son forfait, devrait-on dire, c’est de trop aimer le foot, et, circonstances aggravantes, de supporter une équipe étrangère, de surcroit espagnole, ses salauds d’espagnols qui nous avaient piqué, rappelez-vous, outre notre si cher et si sacré Sahara, nos présides indétachables et auxquels nous sommes indéfectiblement et éternellement attachés, Ceuta et Melilla. Ah pardon ! J’ai failli oublier le plus important : le mini îlot où, souvenez-vous, on s’était plantés complètement et qui porte le nom doux et aromatique de Persil . Le turbulent gamin, lui, se foutait totalement de toutes ces bêtises dont il ne pigeait rien, mais aimait, adorait, vénérait un des plus grands et plus prestigieux symboles de nos voisins et néanmoins envahisseurs : Le Barça. Il l'aimait tellement qu’en plus de le crier sur tous les toits de chaume et de tôle de son trou perdu, il a eu la très mauvaise idée de l’écrire en gros, en gras et… en humour. Bon, entre nous, détourner notre sacro-sainte devise nationale, une devise qui ne se dévalorise jamais car c’est elle qui cimente notre unité, notre identité, notre spécificité, et puisqu’on y est, continuons… notre authenticité, notre modernité, et, bien sûr, notre unanimité, bref, NOTRE NATION. « Dieu - La Patrie - Le Barça » ! Oui, c’est vrai, ce mauvais garnement a poussé le ballon un peu trop loin. Et même si dans notre pays, le foot a toujours été le sport-roi, on ne va quand pas permettre à n’importe qui de jouer sur ce terrain-là. Moi, j’aurais été d’accord, pour bien le punir, de lui donner deux bonnes heures de leçon d’instruction civique de préférence à l’heure d’un match du Barça, ou de lui faire recopier 100 fois « je ne dois pas jouer avec… ça », ou, à l’extrême limite, lui faire écrire, en public, une phrase qui va le faire terriblement souffrir : « Dieu - la Patrie - le Réal». Mais, franchement, mettre un gosse fan de foot au point d’en être fou, en prison pour un dérapage, disons, sémantique, ce n’est plus de l’excès de zèle, c’est carrément de la connerie personnifiée. A mon avis, ces juges trop zélés ou trop cons, ou sans doute les deux, si nous ne voulons pas qu’ils recommencent ce type d’âneries qui risquent de nous coûter cher en devises diplomatiques, devraient être condamnés à une fessée déculottée dans un terrain de foot plein à craquer.

Ça leur apprendra de vouloir être plus royaliste que le roi !

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