Moins d’un an après, je reviens. Je récidive. Je commets un nouveau délit, peut-être, encore plus grave que le premier. Le truc d’aujourd’hui, c’est vraiment une autre histoire. Cette fois, je ne tire pas, mais je ressors les victimes et je me délecte. Je vous explique : le taré que je suis et que j’ai toujours été, après avoir déliré longtemps et un peu partout, décide, et pompeusement en plus, de ramasser le tout, de le dépoussiérer, de trier un peu, d’éliminer beaucoup, et de remettre le tout dans un emballage tout neuf. Ce truc-l , ça a un nom : ça s’appelle une compilation. Compile. ou face. Ça passe ou ça casse. Au fond, ça casse rien, car, au fond, y a pas grand-chose casser. Cependant, je dois apporter quelques précisions. J’ai toujours écrit et publié des bêtises et ce, depuis ma plus tendre et croustillante enfance. Je ne gardais jamais rien. Pour moi (et sûrement aussi pour les autres), ce que j’écrivais, ça n’avait absolument rien de glorieux. En plus, ça ne pouvait se consommer que frais. C’était du périssable. Au-del de la limite du jour, si on ne l’a pas lu, tant pis, on n’en parle plus. Il faut attendre le prochain qui arrivera un jour, plus ou moins lointain. Mais, en fait, il y avait une autre raison : je ne gardais rien parce que, bizarrement et paradoxalement, je ne me suis jamais vraiment pris au sérieux. Résultat : une bonne partie de mes délires grandioses et grotesques a péri sur l’autel de mon immense modestie légendaire. Donc, si vous m’avez bien suivi, je ne vous livre pas tout dans ce livre. D’ailleurs, vous n’auriez pas pu le supporter. Alors, je me suis fait souffrance et j’ai procédé ce qu’on pourrait appeler, une sélection. Je devais dire, pour me faire plaisir, que je vous ai préparé un assortiment. Il y en a moins d’une centaine, entre chroniques épiques, billets d’humeur variable, articles divers divertissants, et même, en bonus, des coups de cœur ou des coups gueule, inédits. Ce n’est pas pour dire, mais c’est un vrai régal. Un « assortiment », vous dis-je ! Pour que vous puissiez vous y retrouver, j’ai essayé, tant bien que mal, de respecter un certain ordre et une certaine chronologie. En tout cas, j’espère de tout cœur que vous aurez du plaisir les lire, oui, pour certains d’entre vous, les relire. Je profite de cette occasion pour remercier solennellement tous les éditeurs de journaux qui ont eu la gentillesse ou la maladresse d’héberger un berger égaré et tordu comme moi, et qui sont devenus, par la force des choses, mes complices. Ne pouvant pas me démentir, je leur suggère de ne pas avoir de regrets, ni de remords, et, au contraire, d’en faire un acte de bravoure en le revendiquant haut et fort. Enfin, je voudrais m’adresser toutes les personnalités, hautes ou minuscules, importantes ou négligeables, parties ou sur le départ, les personnalités ex-puissantes disparues ou indispensables bientôt remerciées, et tous les simples quidams, qu’ils soient hommes ou dames, tous ceux et celles que j’ai dû titiller travers mes écrits, quelquefois durement, souvent maladroitement, mais jamais (trop) méchamment, tous ceux qui s’étaient reconnus ou qui se reconnaîtront, je voudrais dire ceci : je pense, sûrement tort, que je n’ai pas le droit de renoncer, ni de renier mes textes, fussent-ils extravagants, insensés ou absurdes, et que le fait de les republier aujourd’hui, ne relève ni du caprice maladif, ni du sadisme pernicieux, mais, tout simplement de mon droit, somme toute, légitime, l’expression, l’égarement… et la bêtise.
Mohamed Laroussi
Février 2005
PM Éditions
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